Six of Crows : coup de bec sur la nouvelle duologie de Leigh Bardugo

Dans les bas-fonds de la ville de Ketterdam, la mafia s’organise en gangs rivaux. L’homme le plus ambitieux et le plus jeune de la pègre est Kaz Brekker, dit « les Mains Sales ».
Prêt à tout pour de l’argent, il accepte la mission du riche marchand Van Eck, qui règne sur la ville : délivrer un savant de la citadelle d’Ice Court, réputée imprenable. C’est l’inventeur du jurda parem, une drogue qui multiplie sans limite les pouvoirs surnaturels de la caste des magiciens : les Grishas.
Kaz décide donc de réunir une équipe de 6 malfrats aux talents exceptionnels. Ensemble, ils peuvent sauver le monde de la destruction. S’ils ne s’entretuent pas avant… (résumé de l’éditeur)


couvHDSi je n’ai pas encore abordé l’amour incommensurable que je porte à la trilogie de Leigh Bardugo, je vais le faire ici. Grisha est l’une des meilleures sagas de fantasy qu’il m’ait été donné de lire, mêlant dans une épopée aux inspirations slaves rois, reines, magiciens, créatures mythiques et batailles épiques. Alors quand j’ai appris que Six of Crows, série tirée du même univers, débarquait en France aux éditions Milan, je n’ai pas hésité longtemps. Sauf que, bien que je lui reconnaisse de très nombreuses qualités, quelques défauts m’ont fait grincer des dents.

Avant toute chose, j’ai du mal à comprendre que Six of Crows ait été publié en français, alors que seul la traduction du premier tome de Grisha est sorti aux éditions Castelmore en 2013. Ceci dit, cela avait été une bonne occasion de me lancer dans la lecture en version originale, et j’ai lu la suite en anglais.

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Si on suivait dans Grisha les pérégrinations d’Alina en Ravka, Six of Crows nous transporte dans la contrée voisine, dans les bas fonds de Ketterdam. La série originale était davantage centrée des Grishas, maître de la Petite Science qui leur permet entre autre de maîtriser les éléments. Ici, et pour notre plus grand bonheur, on suit une bande d’anti-héros réunie autour du redouté Kaz Brekker, et investie d’une mission suicide pour le compte d’un riche dignitaire. Avec à la clé une somme phénoménale qui permettra à chacun de fuir le Barrel ou bien d’assouvir sa soif de vengeance.

Impossible de ne pas succomber au charismatique Kaz et à sa clique de malfrats. J’ai trouvé que l’auteure a parfaitement su se réinventer et nous proposer une nouvelle brochette de personnages hauts en couleur. J’ai apprécié la façon dont le passé de chacun est dévoilé tour à tour, et que l’on découvre leurs faiblesses cachées derrière leurs airs de truands. Je pourrais passer un moment à parler de chacun d’eux tant ils m’ont conquise – avec une mention spéciale pour Jesper – mais je vais me contenter de souligner à quel point c’est agréable de voir des personnages originaires de tous les horizons et de dotés de personnalités aussi variés.

J’ai retrouvé dans ce premier tome ce que j’avais aimé dans la trilogie originale : une bonne intrigue, des rebondissements, de l’action, un univers complexe et incroyablement riche, une bonne dose d’humour, une plume vive et intelligente. J’aime cette histoire qui se déroule avant tout dans un contexte de misère, de pauvreté et de criminalité malheureusement bien crédible. Tout n’est pas rose, même si on reste dans le registre de la littérature jeunesse. De plus, il est tout à fait possible de lire Six of Crows sans avoir lu Grisha. Néanmoins la lecture préalable de Grisha permet de saisir les quelques références glissées entre les pages : par exemple, Inej a donné à ses poignards les noms de personnages croisés dans la saga originale.

Hélas, trois fois hélas, voici venir le gros point noir selon moi de ce premier tome : la version française. Plein de termes ont été laissés en langue originale, c’est-à-dire en anglais. Je ne sais pas si c’est par paresse ou pour faire « cool », mais cela m’a prodigieusement agacé. Je ne prétends pas que le métier de traducteur est facile, bien au contraire, mais je n’avais pas rencontré ce problème chez Castelmore ou tout du moins cela ne m’avait pas sauté aux yeux. Cela peut paraître un détail, mais j’ai trouvé que ces petits anglicismes à droite à gauche nuisaient à l’univers du roman, inspiré en grande partie des pays de l’Est. Honnêtement, était-ce si difficile de traduire « Little Palace » par « Petit Palais » ?

giphy

Là par contre, je suis fort désappointée (giphy.net).

Pour conclure, il est vrai que je n’ai pas pu m’empêcher de comparer les deux sagas tout au long de ma lecture. Quand je lis tous les avis élogieux sur Internet, je me dis que j’ai peut-être mis la barre haute compte tenu du coup de cœur que j’avais eu pour Grisha. Cela reste tout de même une très bonne « suite », qui reprend les mêmes codes mais sans se montrer redondante. Je pense par la suite lire la version originale de Six of Crows pour pallier ce problème de traduction qui m’a tant exaspéré.

6/10.

« Kaz se radossa.
– Quel est le moyen le plus facile de voler son portefeuille à un homme ?
– Un couteau sous la gorge ? répondit Inej.
– Un pistolet dans le dos ? proposa Jesper.
– Du poison dans son verre ? suggéra Nina.
– Vous êtes monstrueux, s’indigna Matthias. »


Six of Crows tome 1, Leigh Bardugo (2015).
Genres : jeunesse, fantasy
565 pages
Sources images : https://www.editionsmilan.com/six-of-crows
http://www.castelmore.fr/livre/view/les-orphelins-du-royaume

 

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