Bilan du mois 03/2017

Quoi de neuf ce mois-ci ?

Le mois dernier, j’ai complètement zappé mon bilan (et même là, je le présente bien en retard). Entre derniers examens et soutenances à préparer, je n’ai eu de temps ni pour mon blog, ni pour la lecture. J’ai terminé mon DUT, je suis à présent en stage pour trois mois. Nouvelles perspectives aussi stressantes que prometteuses !

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Combien de livres lus ?

4 romans lus en mars, dont une très bonne surprise avec Apocalypse bébé :

AGUIRRE Ann, Enclave t.1
BACIGALUPI Paolo, La fille automate
CAPOTE Truman, Petit déjeuner chez Tiffany
DESPENTES Virginie, Apocalypse Bébé

Acquisitions et prêts

Ma dernière acquisition en date est Belle du seigneur d’Alber Cohen, un livre que m’a donné par ma grand-mère :

Couverture Belle du seigneur

Bon mois d’avril à tous. Profitez des beaux jours, et mangez du chocolat!

 


Crédits
Gif : giphy.com
Couverture : livraddict.com

Enclave t.1, Ann Aguirre

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Titre

Enclave tome 1

Auteur

Ann Aguirre

Genre

Science-fiction

Résumé

Trèfle a grandi sous terre, dans un refuge appelé une enclave. Cette société sous-terraine, menacée par la faim, la maladie et les monstres qui peuplent les tunnels, est régie par des règles strictes qui permettent d’assurer la survie de ses membres.

Alors que Trèfle devient majeure au regard des Aînés de l’enclave et devient une Chasseuse, son nouveau co-équipier, Del, lui ouvre peu à peu les yeux sur les secrets qu’on leur dissimule sur la vie à la surface.

Mon avis

Bien que le young adult m’exaspère parfois à cause des montagnes de clichés qu’il déplace avec lui, j’ai voulu donner sa chance à Enclave. En dépit de bonnes idées, je ne suis pas tout à fait convaincue.

Dans un monde post-apocalyptique, Trèfle vit sous terre dans une enclave où rares sont ceux qui dépassent les 25 ans. Conditions de vie rudes, lois implacables, menaces des Monstres, la jeune fille a appris à se plier aux règles. Mais son nouveau partenaire de chasse, Del, qui n’est pas né ici, ne voit pas les choses de la même manière. À l’encontre de ce que Trèfle a toujours cru, il soutient que la vie à la surface est possible.

L’univers ne réinvente rien : un monde post-apocalyptique, une survie rude, une Terre devenue hostile, une société très hiérarchisée composée de castes, une jeune héroïne combative. Pourtant ce petit monde est plutôt bien imaginé et cohérent. J’ai beaucoup aimé le rapport au passé qu’entretient Trèfle, qui peut paraître décalé et un peu cocasse ; la moindre « relique » de l’ancien monde devient source d’étonnement. Les notes de l’auteur à la fin du livre apportent un éclairage intéressant sur son projet d’écriture, et sur les sources qui lui ont servi pour imaginer l’apocalypse. Elle s’est renseignée pour rendre son récit le plus crédible possible. Certes, il n’y a pas de gros efforts d’écriture de fournis, mais sa plume est plutôt efficace.

Arrive alors la première ombre au tableau : les personnages. Trèfle d’abord, héroïne et narratrice : elle a l’étoffe d’une guerrière, mais il lui manque une vraie personnalité. Je n’ai pas réussi à accrocher avec elle. Del est quant à lui le stéréotype du brun ténébreux, copié/collé un nombre incalculable de fois, devenu chiant comme la pluie. Voilà pour notre duo ; mais aucun personnage secondaire n’est suffisamment creusé pour relever le niveau.

Deuxième point noir, celui que je redoute à chaque fois que j’ouvre un roman de YA : les histoires d’amuuur. Et là on atteint des sommets de médiocrité. La romance est pliée et expédiée au bout de 70 pages. Non mais franchement. ARRÊTEZ ! LES ! HISTOIRES ! D’AMOUR ! AUSSI ! NIAISES ! Du balais avec votre amour dégoulinant !

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J’ai trouvé qu’il y avait un fossé étonnant entre la première partie pas trop mal développée et la seconde partie du roman bâclée : les événements s’enchaînent trop rapidement, alors que de plus amples détails n’auraient pas été du luxe. Sans parler de Trèfle, que je ne supportais plus.

Enclave ne m’a finalement pas conquise, et la série s’arrête ici pour moi. Je commence à désespérer de découvrir de nouveaux romans young adult à mon goût.

Les Chasseurs s’approchèrent, leurs cadeaux dans les mains, et les empilèrent à mes pieds. Une montagne d’objets intrigants grandissait à vue d’œil. Je n’avais aucune idée de leur utilité… De quoi décorer peut-être ? Les gens de l’ancien monde semblaient obsédés par les objets dont le seul but était d’être jolis. Pas d’être utiles. Moi, je ne pouvais concevoir une chose pareille.

La note

5/10. Une dystopie au beau potentiel, gâchée par trop de clichés.


Crédits
Photo prise par mes soins
Gif : giphy.com

Petit déjeuner chez Tiffany, Truman Capote

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Titre

Petit déjeuner chez Tiffany

Auteur

Truman Capote

Genre

Contemporain

Résumé

Un écrivain se remémore son ancienne voisine, Miss Holiday Golighty, perdue de vue depuis son départ de New York. Elle est sa voisine alors qu’il aménage dans un vieil immeuble de la Grosse pomme dans les années 40. Call-girl en vogue, les fêtes et les prétendants se succèdent dans son petit appartement. Le narrateur se lie d’amitié avec cette excentrique, mais irrésistible demoiselle.

Mon avis

Diamants sur canapé, le long métrage de Blake Edwards (1961), est tout simplement l’un de mes films préférés. C’est donc bien naturellement que je me suis tournée vers l’oeuvre originale, celle de Truman Capote, publiée en français sous le titre Petit déjeuner chez Tiffany.

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Roman, roman, c’est un bien grand mot. Il s’agit plutôt d’une longue nouvelle d’une soixantaine de pages. Elle est écrite du point de vue du voisin écrivain de Holly qui, comme beaucoup d’autres, tombe sous son charme ravageur.

En soi, Petit déjeuner chez Tiffany ne raconte pas grand chose ; mais les dialogues sont savoureux, rythmés par la répartie à toute épreuve de Holly, son regard bien arrêté sur le monde, son avis sur tout. Et son héroïne est tout bonnement inoubliable. J’ai retrouvé avec plaisir la Holly merveilleusement interprétée par Audrey Hepburn dans le film : croqueuse de diamants invétérée, malicieuse, bordélique, un peu naïve et diablement attachante.

J’ai pu constater que le livre et le roman (nouvelle) étaient très proches. La différence principale se situe dans la fin. Ma préférence reste pour le film, et je lui porte un tel amour que je n’ai pas pu le dissocier du livre, ce qui est dommage. Néanmoins, j’envisage très sérieusement de me pencher sur les autres écrits de Truman Capote. Il sait créer une atmosphère, (et ça se confirme dans ses autres nouvelles), un peu nostalgique, qui vous touche ou non mais qui vous emporte momentanément ailleurs.  L’édition Folio comprend plusieurs nouvelles supplémentaires, sur lesquelles je ne m’attarderai pas, parce qu’elles ne m’ont pas vraiment marquée.

Bref, si Petit déjeuner chez Tiffany m’a moins séduite que son adaptation cinématographique (pour une fois), ma rencontre avec Truman Capote est plutôt concluante. Et si vous n’avez pas encore vu le film, qu’est-ce que vous attendez ?

« Ça devrait prendre quatre secondes pour aller d’ici à la porte. Je t’en donne deux ! »

La note

6/10. Dur de passer outre le film, mais une belle découverte.


Sources images : amazon.fr / giphy.com

La fille automate, Paolo Bacigalupi

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Titre

La fille automate

Auteur

Paolo Bacigalupi

Genre

Science-fiction

Résumé

Royaume thaï de Sa Majesté la Reine Enfant, dans un futur instable. Famines et catastrophes écologiques se sont succédées, forçant les Hommes à s’adapter pour survivre. Tandis que chaque graine est modifiée pour survivre aux maladies, Anderson Lake, représentant d’une multinationale agroalimentaire, est sur la piste d’un fruit jusqu’alors inconnu. Ses recherches vont le mener à Emiko, automate japonaise réduite en esclavage, à la recherche d’un échappatoire.

Mon avis

Je découvre l’oeuvre de Paolo Bacigalupi avec La fille automate, une lecture loin, très loin de ce que j’imaginais. Je vous parle aujourd’hui d’un roman de science-fiction qui pousse loin la réflexion sur l’avenir de l’humanité.

Emiko est une automate : objet de luxe dans son pays d’origine, le Japon, elle est devenue une esclave sexuelle au royaume thaï, où elle est considérée comme une infamie. Elle croise le chemin d’Anderson Lake, représentant d’une des plus grosses entreprises caloriques mondiales.

Je pensais l’histoire centrée exclusivement sur Emiko, mais ce n’est pas le cas ; d’ailleurs elle n’apparaît qu’au bout d’une cinquantaine de pages. Mais le point de vue alterne entre plusieurs personnages, aux origines et aux intérêts très différents. Ils sont remarquables de complexité : d’Anderson Lake à Kanya, du thaï au farang, ils sont tous en demi teinte, ni blancs ni noirs, luttant avant tout pour leur propre survie. On s’attache à Emiko, et on se révolte contre les traitements dégradants qu’elle subit dans des scènes crues.

Les premières pages ont été proches du calvaire, tellement elles étaient ardues à comprendre. L’auteur décrit avec une précision folle un univers très (trop ?) complexe, où s’affrontent entreprises agroalimentaires américaines et gouvernements thaïs, où les manipulations génétiques échappent à tout contrôle, où les catastrophes écologiques et les maladies menacent les Etats. Et le tout est terriblement crédible. Le vocabulaire thaï utilisé ne rend pas la compréhension facile, on s’y familiarise doucement.

Même si en version poche ce roman compte tout de même 600 et quelques pages, j’aurais apprécié en savoir plus sur le devenir d’Emiko, ou du moins une fin différente, plus détaillée.

Pour conclure, La fille automate est très loin de ce que j’imaginais : mais le résultat final est assez impressionnant. Peu de dystopies décrivent des mondes post-apocalyptiques ainsi, avec de tels enjeux autour des ressources alimentaires.

Au Japon, elle était une merveille. Ici, elle n’est rien d’autre qu’une automate. Les hommes rient de ses mouvements étranges et grimacent de dégoût de son existence même. Elle est une créature interdite pour eux. Les hommes thaïs aimeraient beaucoup la jeter dans leurs cuves de compost à méthane. Entre elle et un homme d’AgriGen, il est difficile de savoir de qui ils préféreraient se débarrasser en premier.

La note

6/10. De la science-fiction très pointue.

Leçons pour un jeune fauve, Michela Murgia

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Titre

Leçons pour un jeune fauve

Auteur

Michela Murgia

Genre

Contemporain

Résumé

Eleonora, actrice italienne de talent, s’était juré de ne pas reprendre de disciple. Pourtant, lorsqu’elle rencontre Chirú, étudiant au conservatoire, elle décide de le prendre sous son aile. Entre leçons et manipulation, elle lui transmet tout ce qu’elle a appris pour qu’il parvienne à embrasser une carrière de musicien.

Mon avis

Je remercie Babelio et les éditions Seuil pour l’envoi de ce roman, dans le cadre d’une opération Masse critique !

Eleonora est la narratrice à la 1ère personne de cette histoire. À 38 ans, elle rencontre Chirú, un jeune violoniste de 20 ans son cadet. Elle reconnaît en lui les souffrances de l’adolescente qu’elle a été, et en dépit de son souhait de ne pas avoir de nouvel élève, elle accepte de devenir son mentor, et de l’initier au monde très codifié qui est le sien. Un jeu de séduction s’installe progressivement entre eux deux.

Il y a un travail d’écriture profond sur les personnages, dotés d’une personnalité complexe, voire torturée. Si, par l’âge, je me suis sentie plus proche de Chirú, Eleonora m’a beaucoup plu. Elle revient sur son enfance douloureuse et ses relations difficiles avec son père brutal et sa mère effacée, et sur sa vie d’adulte solitaire.

J’ai été agréablement surprise par la subtilité dont fait preuve ce roman. En effet, la relation entre la comédienne et son élève est tout à fait spéciale, et loin de couler de source. Eleonora endosse pour Chirú tantôt le rôle de professeur, tantôt celui de mère, tantôt celui d’amante. Elle va finalement autant apprendre qu’enseigner au contact du jeune homme. Mettant en scène l’univers raffiné et confiné des arts et du spectacle, Leçons pour un jeune fauve dégage beaucoup de grâce et séduit avec aisance. L’auteure écrit avec un réel talent et beaucoup de poésie. Quelques phrases sont dures à suivre, mais on trouve de vraies pépites.

Ce roman, que j’avais sélectionné un peu par hasard, a su me parler et a été une belle découverte. Sur certains aspects, il m’a rappelé Le complexe d’Eden Bellwether de Benjamin Wood, qui dans un autre genre m’avait énormément plu.

Chirú vint à moi comme les bouts de bois vont à la plage, poli et tordu, déchet rescapé d’une longue dérive. Il affichait une désinvolture effrontée dans ses vêtements d’adulte, mais on devinait sous la veste de musicien d’orchestre deux bras si longs qu’ils ne pouvaient être que maladroits.

La note

8/10. Un roman subtil sur les relations humaines, écrit avec talent.

Bilan du mois 01/2017

Quoi de neuf ce mois-ci ?

J’ai passé un mois de janvier plutôt chargé. Beaucoup de temps passé à la rédaction d’un rapport universitaire, très peu passé à lire. Et en plus je publie mon bilan alors que plus de la moitié du mois de février est derrière nous…

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Source : giphy.com

Combien de livres lus ?

4 au total, L’attrape-cœur étant la bonne découverte du mois de janvier :

BRANTS Elsa, Save me Pythie tome 1
NEMES Charles, Deux enfants du demi-siècle
SALINGER J.D., L’attrape-cœur
SCHAAK Laurence & HAMEL Goulven, Au nom du père, du fils et de John Lennon

Acquisitions et prêts

J’ai réalisé ma première commande sur BookDepository, et j’ai bien reçu mes trois livre en VO :

Résultat de recherche d'images pour "shadow and bone purple cover" Promise of the Wolves Secrets of the Wolves

Bon mois de février !


Crédits
Couvertures : abebooks.combookdepository.com

Au nom du Père du Fils et de John Lennon, L. Schaack & G. Hamel

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Titre

Au nom du Père du Fils et de John Lennon

Auteur

Laurence Schaack & Goulven Hamel

Genre

Jeunesse

Résumé

Angleterre, 1963. Cornelius Caine quitte l’austère pensionnat de Wellingborough pour aller vivre chez sa cousine à la capitale. Happé par la folie du Swinging London, le jeune bègue découvre un monde radicalement opposé de l’aristocratie où il a grandi. Mode, musique, amphétamine et soirées endiablées, Corn va même faire la connaissance de ceux qui règnent en maîtres sur les ondes en ce début de décennie : les Beatles.

Mon avis

En dehors des livres, une autre de mes passions, c’est les Beatles. Alors je pouvais difficilement passer à côté de ce livre. Mon avis est en demi-teinte, car si j’ai relevé de très bons éléments, il en a manqué beaucoup d’autres pour me convaincre.

Lorsqu’il apprend la mort de son père, Cornelius Caine, jeune aristocrate bègue, quitte le lugubre pensionnat qu’il déteste. Il part vivre à Londres, dans l’appartement étriquée d’Alice, sa cousine branchée et son amie Sally. Il y découvre la mode, la musique, et rencontre John Lennon en personne.

Au fil des pages, on croise des personnages fictifs et réels. Malheureusement, ces derniers ressemblent pour la plupart à des figures en carton-pâte. La courte apparition que font les Rolling Stones sonne creux. John Lennon fait figure d’exception : sa personnalité complexe est plus approfondie, par le biais de sa relation trouble avec Corn.

Pourtant, Au nom du Père du Fils et de John Lennon ne manque pas de charme. Le plus gros est son ambiance sixties, bien présente. Les personnages fictifs, eux, ont plus de relief : maladroit et naïf, Corn est très attachant. Les épreuves qu’il va rencontrer vont le faire  grandir et gagner en confiance en lui. Sans oublier Théo la grand-mère ouverte d’esprit, Greg le mod, Sally et Alice, les jeunes Londoniennes.

Bourré de références aux 60’s, et tout particulièrement à des groupes que j’aime comme les Beatles ou les Kinks, les auteurs ont réussi à me dépayser. complet : des mods à la Nouvelle Vague, on se croirait revenu 70 ans en arrière !

Source : Terry Fincher / BBC America

Les dernières pages contiennent un dossier sur les Beatles et sur la culture des années 1960 complet, qui apporte un éclaircissement sur les références faites dans le roman.

En finissant ce roman, je suis plus frustrée que réellement déçue. Si ce roman avait été plus creusé, moins jeunesse et deux fois plus gros, j’aurais été complètement conquise. C’est d’autant plus dommage qu’il est bien écrit et fait parfois preuve d’une vraie maturité. Si seulement !

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Source : giphy.com

Pour conclure, Au nom du Père du Fils et de John Lennon est une opportunité manquée. Ce n’est pas vraiment un livre que je recommanderais aux fans des Fab Four, qui n’y apprendront pas grand chose.

– Déjà, être bègue, c’est pas de la tarte. Mais un bègue qu’aime pas la bière… Tu fais comment pour survivre en Angleterre si tu peux pas faire ta grande gueule et te prendre des cuites ?

La note

5/10. Car il aurait fallu le tout en double pour me satisfaire.