Deux enfants du demi-siècle, Charles Nemes

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Deux enfants du demi-siècle

Auteur

Charles Nemes

Genre

Contemporain

Résumé

Thérèse et Toussaint se sont rencontrés à 16 ans. Désapprouvé par leurs parents respectifs, ce premier amour est de courte durée et ils se perdent rapidement de vue. Ils se retrouvent quarante ans plus tard, de façon très inattendue ; mais ils sont bien différents des adolescents d’alors.

Mon avis

Tout d’abord, cette lecture s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec les éditions HC, que je remercie chaleureusement pour l’envoi de ce roman !

Critère à ne surtout pas suivre quand on choisit un roman, mais qui nous influence pourtant beaucoup : la couverture. Je suis loin d’être férue d’histoires d’amour, mais quand j’ai vu la couverture de Deux enfants du demi-siècle, j’ai décidé de lui laisser sa chance.

J’ai aimé voir Toussaint et Thérèse grandir, devenir des adultes pour le meilleur comme pour le pire. A défaut de m’attacher à eux, j’ai aimé le réalisme qu’ils dégageaient, les rapprochant presque de anti-héros. Je pense être trop jeune pour me reconnaître en eux, mais j’ai en revanche pu reconnaître mes parents. Le contexte historique et social est très précis, et l’accent particulièrement mis sur la mémoire du génocide juif. Cela permet d’aborder l’extrémisme religieux, ce que j’ai trouvé intéressant.

D’un chapitre à l’autre, passé et présent s’entremêlent, comme les destins de Thérèse et Toussaint. On sent de la part de l’auteur une véritable maîtrise de l’écriture, mais qui se traduit parfois par de très longues phrases. Ce qui rend la compréhension parfois laborieuse ! De plus, j’ai regretté le trop peu de dialogues, qui rendait le récit un peu morne.

J’ai été peu sensible à l’histoire d’amour entre les deux protagonistes, sûrement parce que les protagonistes eux-même ne m’ont pas touchée. Puis bon, moi et la romance…

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Source : giphy.com

Enfin j’étais prévenue, je n’ai pas d’excuses.

En bref, Deux enfants du demi-siècle est un roman aux indéniables qualités, mais n’a pas su me séduire. C’est pas aujourd’hui que mon cœur de pierre s’émouvra.

Les rendez-vous étaient plus fréquents, les amours, les serments et les mensonges , plus cruciaux, les lectures et les films, plus fondateurs et emblématiques. Dans les cafés du Quartier latin, on s’empoignait pour ou contre Godard et Pasolini, pour Rimbaud et contre Verlaine, on connaissait par coeur l’intégrale des Beatles et celle de Bob Dylan, sans être certain de bien comprendre la seconde.

La note

6/10. Une peinture sociale et une histoire d’amour qui ont le mérite d’être bien écrites

C’est lundi ! Que lisez-vous ? #5

 « C’est lundi ! Que lisez vous ? » est un rendez-vous hebdomadaire créé par Mallou qui s’est inspiré du « It’s Monday ! What are you reading ? » créé par One Person’s Through A World of Books, repris en français par Mallou puis par Galleane.

Chaque lundi, trois questions : 

  1. Qu’ai-je lu la semaine passée?
  2. Que suis-je en train de lire cette semaine?
  3. Que lirai-je (peut être) la semaine prochaine?

Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Couverture Deux enfants du demi-siècle
Source : livraddict.com

Avis en demi-teinte pour ce roman. Je n’ai malheureusement pas été transportée.

Que suis-je en train de lire cette semaine ?

Couverture Au nom du père, du fils et de John Lennon
Source : livraddict.com

Je viens de commencer Au nom du Père du Fils et de John Lennon. Une Beatlemaniac ne se refait pas.

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Source : giphy.com

Que lirai-je la semaine prochaine ?

Source : seuil.com

Je commencerai Leçons pour un jeune fauve, partenariat avec Babelio, s’il est bien arrivé. Sinon, j’opterai pour La fille automate de Paolo Bacigalupi.

Et vous, que lisez-vous ?

L’attrape-cœur, J.D. Salinger

l'attrape coeurs.jpgTitre

L’attrape-cœur

Auteur

J.D. Salinger

Genre

Contemporain

Résumé

Holden Caulfield vient d’être renvoyé de son lycée. Encore. Entre rester au lycée jusqu’aux vacances ou rentrer chez ses parents, le jeune homme prend ses valises et part en vadrouille. De chambres d’hôtel en squats, de bonnes en mauvaises rencontres,

Mon avis

L’attrape-cœurs est un livre culte aux Etats-Unis, moins connu en Europe. J’avais entendu à son propos tous les avis, des plus élogieux au moins enthousiastes. Donc j’ai voulu me faire mon idée.

Le récit se déroule sur les trois jours qui suivent le renvoi de Holden Caulfield, élève intelligent mais peu discipliné. L’adolescent ne souhaite pas plus rester au lycée que rentrer chez ses parents, il va donc errer dans New York, remplis d’ivresse et de fièvre. Une parenthèse pour le jeune homme, habitué aux pensionnats prestigieux et à un milieu bourgeois, sur lequel il porte un regard critique.

Pour être franche, pendant les premières pages, je prenais Holden pour un petit con. Et en effet, il en a les caractéristiques, mais c’est un petit con attachant. Après tout, à 16 ans, qui n’en est pas un ? Plus proche du anti-héros, il se crée pourtant une réelle proximité entre le lecteur et le personnage.

Holden vit dans les années 1950 et vient de la petite bourgeoisie américaine, mais les questionnements liés à l’adolescence restent similaires à ceux d’aujourd’hui, donnant à ce récit une dimension (que je trouve) universelle. C’est simple, c’est sans fard, c’est plein d’émotions brutes.

Je n’en attendais pas autant de la part d’un petit livre de 250 pages. En dépit d’une plume très franche, proche du langage parlé, ce livre regorge de petites phrases qui ne paient pas de mine mais sont magnifiques.

L’attrape-cœurs est un très beau roman sur l’adolescence, profondément humain, avec un charme fou. Je le conseille à tous ceux qui ont aimé Le monde de Charlie de Stephen Chbosky.

Elle avait une voix agréable. Ou plus précisément comme une agréable voix de téléphone. Elle aurait dû transporter un téléphone avec elle.

(…)

Les filles, c’est comme ça, même si elles sont plutôt moches, même si elles sont plutôt connes, chaque fois qu’elles font quelque chose de chouette on tombe à moitié amoureux d’elles et alors on ne sait plus où on en est. Les filles. Bordel. Elles peuvent vous rendre dingue.

(…)

Faut jamais rien raconter à personne. Si on le fait, tout le monde se met à vous manquer.

La note

8/10. Les tendres confessions d’un ado d’après-guerre.

L’étrange bibliothèque, Haruki Murakami

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Titre

L’étrange bibliothèque

Auteur

Haruki Murakami – illustrations de Kat Menschik

Genre

Nouvelle

Résumé

Vous avez une carte de lecteur à la bibliothèque depuis votre plus jeune âge. Vous connaissez les rayonnages par cœur, et vous vous rendez à la bibliothèque dès que vous vous posez une question, comme sur la collecte des impôts au Moyen Orient pendant l’Antiquité. Mais si un jour on vous conduit vers le sous-sol, méfiez vous. Les bibliothèques ne sont pas ce que vous croyez.

Mon avis

Il y a quelques années, j’avais découvert Haruki Murakami avec 1Q84. Étais-je trop jeune ou loin d’imaginer ce qui m’attendait, toujours est-il que je n’avais pas aimé ce premier contact. Pourtant, en tombant sur cette magnifique version illustrée de L’étrange bibliothèque à la bibliothèque universitaire, j’ai décidé de laisser une seconde chance à cet auteur.

L’étrange bibliothèque est bien mieux passé que son prédécesseur ! C’est une nouvelle d’une soixantaine de pages, qui narre l’aventure insolite d’un jeune lecteur dans la bibliothèque où il a ses habitudes. Une aventure terrifiante qui va lui dévoiler la face cachée de cette bibliothèque en apparence inoffensive.

Le personnage n’a ni nom, ni âge ; il nous est juste précisé qu’il est « jeune », sans plus de détails. Tout commence alors qu’il souhaite se renseigner sur la collecte des impôts dans l’Empire ottoman pendant l’Antiquité. Quel meilleur endroit pour répondre à ses questions que la bibliothèque ? On le redirige vers le sous-sol du bâtiment ; et là, notre héros se dit qu’il aurait mieux fait de s’abstenir…

L’ambiance entre le glauque et le fantastique m’a fait penser à l’oeuvre de Neil Gaiman. En très peu de pages, Murakami réussit à créer un monde étrange et fascinant. Les dessins de Kat Menschik sont un énorme plus ; plus que l’illustrer, elles soutiennent le récit.

Quand on aime la lecture et qu’on fréquente les bibliothèques ou les librairies, une histoire qui s’y déroule éveille l’intérêt. Après tout, c’est vrai : quand votre libraire/bibliothécaire vous quitte pour aller dans son stock, ça a sa part de mystère, non ?

Pour conclure, j’ai largement préféré L’étrange bibliothèque à 1Q84. Donc je n’exclus pas de redonner une autre chance à Murakami, et de lire un autre de ses romans. Et je serai plus prudente la prochain fois que j’irai à la bibliothèque…

Le labyrinthe finit pourtant par aboutir à une grande porte de fer, sur laquelle était placardée: SALLE DE LECTURE. Le lieu était aussi silencieux qu’un cimetière au plus profond de la nuit.

La note

7/10. Une nouvelle bibliophile envoûtante et mystérieuse

Bilan 2016 : retour sur un an de lecture

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’année. On se retrouve pour faire le point sur mes lectures de 2016.

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Source : giphy.com

40 livres lus cette année, contre 70 l’an passé. Sacrée baisse, à mettre sur le compte d’une vie d’étudiante bien chargée et d’une petite panne de lecture cet automne.

Pour fêter dignement la fin d’année (brûle en enfer, 2016 !), je vous propose mon palmarès de ces livres/films/morceaux qui m’ont fait vibrée en 365 jours. C’est parti !

Les 5 livres de 2016

  1. Trainspotting, Irvine Welsh

    Couverture TrainspottingLire en VO un roman écrit dans un argot écossais était un sacré challenge, mais je ne suis pas peu fière d’en être venue à bout. Incisif et cynique à souhait, je vais quand même le relire en français.

  2. Ruin and Rising, Leigh Bardugo

    Couverture Grisha, tome 3J’ai conclu la trilogie Grisha avec Ruin and Rising, un tome à la hauteur de cette merveilleuse saga, qui s’est achevé en beauté. Très hâte de découvrir ensuite Six of Crows !

  3. 1984, George Orwell

    Couverture 1984Un classique qu’on ne présente plus. J’ai été stupéfaire de constater qu’il est toujours d’actualité, même près de 70 ans après sa publication. Et c’est terrible à dire.

  4. Geisha, Arthur Golden

    Couverture GeishaLe livre qui m’a fait sortir de la petite panne de lecture que j’ai traversé en novembre. Il a séjourné un moment dans ma PAL, et je suis contente de l’en avoir sorti. Un roman absolument passionnant.

  5. Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroch

    Couverture Le bleu est une couleur chaudeUne BD somptueuse, où l’usage de la couleur est subtil et intelligent, et tout est dosé à la perfection : intimiste, mais pas voyeur. Une de mes BD fétiches.

Les 5 films de 2016

  1. Thelma et Louise, Ridley Scott (1991)

    Découvrir des films cultes c’est bien. Les voir au cinéma c’est encore mieux. Et encore encore mieux si c’est Thelma et Louise, un road trip féministe, entre rire et larmes. Et des femmes BADASS.

  2. Mommy, Xavier Dolan (2014)

    Je ne pleure pas souvent devant un film, je ne pleure même pas en regardant Le Roi Lion. Premier film de Dolan que je vois lors d’une projection en plein air, et je me retrouve en PLS. Ce film est une vraie petite merveille.

  3. Dallas Buyers Club, Jean-Marc Vallée (2013)

    Un très beau film, riche en émotions et doté d’une photographie à tomber. La prestation de Jared Leto est tout bonnement incroyable. Cette fois-ci je n’ai pas pleuré mais tout juste !

  4. Le prestige, Christopher Nolan (2006)

    Rarement j’ai vu un film avec un pareil suspense, ni avec une intrigue aussi bien imaginée. Christopher Nolan nous envoûte avec des tours de prestidigitation et des rebondissements surprenants. Magique !

  5. The Birth of a Nation, Nate Parker (2016)

    Vu en avant-première au Festival international du film de la Roche-Sur-Yon, The Birth of a Nation a été un sacré choc. Un film violent, fort et lourd de sens, qui fait écho au mouvement « Black Lives Matter ». De plus, quand on sait que Nate Parker est dans ce film à la fois réalisateur, acteur et monteur, ça force d’autant plus l’admiration.

Les 5 chansons de 2016

  1. The La’s – Looking Glass

    Un groupe anglais des années 90, malheureusement très peu connu de l’autre côté de la Manche. Faites-vous une faveur, appuyez sur « Play ».

  2. Radio Elvis – Les Moissons

    Je suis allée au concert de Radio Elvis pour accompagner une amie, et j’ai adoré ! Ça me redonne foi en la musique française.

  3. Wolf Alice – You’re A Germ

    Une autre des très bonnes découvertes musicales de cette année, les Londoniens de Wolf Alice. Merci Tumblr !

  4. Asaf Avidan – My Tunnels Are Dark And Lonely These Days

    S’il y a bien une chose à retenir de positive en 2016, c’est bien le concert d’Asaf Avidan à Cholet. Je mourrais d’envie de le voir sur scène, c’est maintenant chose faite.

  5. Pulp – This Is Hardcore

    Cette année, je suis devenue une mordue de ce groupe de britpop des années 90, qui reste hélas très peu connu en France. Bien dommage !


Crédits :
Couvertures : livraddict.com

Affiches films : seriebox.com

C’est lundi ! Que lisez vous ?#4

« C’est lundi ! Que lisez vous ? » est un rendez-vous hebdomadaire créé par Mallou qui s’est inspiré du « It’s Monday ! What are you reading ? » créé par One Person’s Through A World of Books, repris en français par Mallou puis par Galleane.

Chaque lundi, trois questions : 

  1. Qu’ai-je lu la semaine passée?
  2. Que suis-je en train de lire cette semaine?
  3. Que lirai-je (peut être) la semaine prochaine?

Qu’ai-je lu la semaine passée ?

Couverture Pas de temps à perdre
Source : livraddict.com

Difficile d’avoir un avis sur ce livre, je n’ai jamais rien lu de semblable !

Que suis-je en train de lire cette semaine ?

Couverture L'Attrape-coeurs
Source : livraddict.com

Première lecture de 2017 ! Je viens de commencer L’attrape-cœur de J.D. Salinger.

Que lirai-je la semaine prochaine ?

Mystère ! Je ne me suis pas encore décidée.

Et vous, que lisez-vous ?

Des souris et des hommes, John Steinbeck

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Titre

Des souris et des hommes

Auteur

John Steinbeck

Genre

Classique

Résumé

L’histoire de Lennie, tendre naïf doté d’une force destructrice et de son ami George, petit homme sec et débrouillard, qui voyagent ensemble à travers la Californie et travaillent en temps qu’ouvriers agricoles. Après avoir quitté Weed prématurément, ils arrivent à Salinas…

Mon avis

Je continue à m’intéresser aux classiques de la littérature américaine, et je m’en prends cette fois-ci à Steinbeck. Des souris et des hommes est la preuve qu’un grand roman ne se mesure pas à son nombre de pages.

En Californie, Lennie et George travaillent de ranchs en ranchs pour gagner leur vie. Ils sont obligés de quitter à chaque nouvelle « bêtise » de Lennie. Cette fois, ils sont embauchés par le propriétaire d’un ranch à Salinas, dont le fils odieux et bagarreur vient juste de se marier.

Ce récit est extrêmement simple, presque dénudé, pauvre en description et essentiellement composé de dialogues, mais il est pourtant doté d’une grande force. Cela crée une réelle proximité avec les personnages.

Même sans avoir beaucoup de points communs avec lui, j’ai été très touchée par le personnage de Lennie, ce géant simplet doué d’une force colossale mais destructrice. Le duo qu’il forme avec George est aussi beau qu’incongru, et même si George le rudoie souvent, on les sent liés par une affection sincère. On finit même par se laisser bercer et croire au rêve impossible que partagent les deux hommes.

C’est très difficile de parler de ce livre, parce qu’il touche à ce qu’il y a d’humain en nous de la manière la plus simple qui soit. En très peu de pages et avec une écriture très simple, il réussit à communiquer des émotions incroyables. Pour conclure, je ne peux que vous inciter à lire Des souris et des hommes, tout simplement.

On vivra comme des rentiers, hurla Lennie. Et on aura des lapins. Continue, George. Dis-moi ce qu’on aura dans le jardin, et les lapins dans les cages, et la pluie en hiver, et le poêle, et la crème sur le lait qui sera si épaisse qu’on pourra à peine la couper. Raconte-moi tout ça, George.
– Pourquoi tu le fais pas toi-même, tu le sais tout.
– Non… raconte, toi. C’est pas la même chose si c’est moi qui le fais.

La note

8/10. Un splendide roman à fleur de peau.