La fille automate, Paolo Bacigalupi

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Titre

La fille automate

Auteur

Paolo Bacigalupi

Genre

Science-fiction

Résumé

Royaume thaï de Sa Majesté la Reine Enfant, dans un futur instable. Famines et catastrophes écologiques se sont succédées, forçant les Hommes à s’adapter pour survivre. Tandis que chaque graine est modifiée pour survivre aux maladies, Anderson Lake, représentant d’une multinationale agroalimentaire, est sur la piste d’un fruit jusqu’alors inconnu. Ses recherches vont le mener à Emiko, automate japonaise réduite en esclavage, à la recherche d’un échappatoire.

Mon avis

Je découvre l’oeuvre de Paolo Bacigalupi avec La fille automate, une lecture loin, très loin de ce que j’imaginais. Je vous parle aujourd’hui d’un roman de science-fiction qui pousse loin la réflexion sur l’avenir de l’humanité.

Emiko est une automate : objet de luxe dans son pays d’origine, le Japon, elle est devenue une esclave sexuelle au royaume thaï, où elle est considérée comme une infamie. Elle croise le chemin d’Anderson Lake, représentant d’une des plus grosses entreprises caloriques mondiales.

Je pensais l’histoire centrée exclusivement sur Emiko, mais ce n’est pas le cas ; d’ailleurs elle n’apparaît qu’au bout d’une cinquantaine de pages. Mais le point de vue alterne entre plusieurs personnages, aux origines et aux intérêts très différents. Ils sont remarquables de complexité : d’Anderson Lake à Kanya, du thaï au farang, ils sont tous en demi teinte, ni blancs ni noirs, luttant avant tout pour leur propre survie. On s’attache à Emiko, et on se révolte contre les traitements dégradants qu’elle subit dans des scènes crues.

Les premières pages ont été proches du calvaire, tellement elles étaient ardues à comprendre. L’auteur décrit avec une précision folle un univers très (trop ?) complexe, où s’affrontent entreprises agroalimentaires américaines et gouvernements thaïs, où les manipulations génétiques échappent à tout contrôle, où les catastrophes écologiques et les maladies menacent les Etats. Et le tout est terriblement crédible. Le vocabulaire thaï utilisé ne rend pas la compréhension facile, on s’y familiarise doucement.

Même si en version poche ce roman compte tout de même 600 et quelques pages, j’aurais apprécié en savoir plus sur le devenir d’Emiko, ou du moins une fin différente, plus détaillée.

Pour conclure, La fille automate est très loin de ce que j’imaginais : mais le résultat final est assez impressionnant. Peu de dystopies décrivent des mondes post-apocalyptiques ainsi, avec de tels enjeux autour des ressources alimentaires.

Au Japon, elle était une merveille. Ici, elle n’est rien d’autre qu’une automate. Les hommes rient de ses mouvements étranges et grimacent de dégoût de son existence même. Elle est une créature interdite pour eux. Les hommes thaïs aimeraient beaucoup la jeter dans leurs cuves de compost à méthane. Entre elle et un homme d’AgriGen, il est difficile de savoir de qui ils préféreraient se débarrasser en premier.

La note

6/10. De la science-fiction très pointue.

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BZRK t.3 : Apocalypse, Michael Grant

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Titre

BZRK t.3 : Apocalypse

Auteur

Michael Grant

Genre

Anticipation, science-fiction

Résumé

Noah et Sadie ont jusque là réussi à déjouer les attaques à l’échelle nano des jumeaux Armstrong et de leurs lignards. Mais un vent de folie souffle sur la planète. Les grands de ce monde – dirigeants, savants, acteurs – perdent la raison les uns après les autres. La peur gagne du terrain, tandis que l’humanité est menacée par des technologies invisibles à l’œil nu.

Pour les membres de la cellule new-yorkaise de BZRK, l’heure est au choix : la folie ou la mort ?

Mon avis

Arrive le moment où il faut affronter sa PAL, et en sortir le dernier tome de sa saga préférée. Même si on sait que c’est le tout dernier, et que la dernière page tournée du roman clôtura définitivement la série. Il a ainsi été tout aussi difficile pour moi d’ouvrir BZRK : Apocalypse que de le refermer. Et par quel tourbillon émotionnel je suis passée !

Pour reprendre rapidement, BZRK, ça raconte quoi ? C’est une histoire de nanotechnologies, où le corps humain devient un champ de bataille pour les forces en présence : d’une part Armstrong Fancy Gifts Corporation dirigé par les Jumeaux, dont le but est de manipuler les grands leaders mondiaux ; et d’autre part BZRK venu les contrer.

L’histoire démarre sur les chapeaux de roue. Je veux dire, dès la page 12 il se passe quelque chose d’aussi spectaculaire qu’inattendu. À peine arrivée et me voilà déjà happée dans un tumulte électrique et particulièrement violent. Le seul petit hic, c’est que j’ai trop retardé le moment d’en finir avec BZRK, et le tome 2 était  un peu trop lointain pour que j’ai précisément en tête les événements du tome précédent. La reprise a été un peu difficile.

Ce final contient beaucoup d’actions, de rebondissements spectaculaires et de révélations stupéfiantes. On va en apprendre de bonnes sur Lear, chef anonyme de BZRK et sur Caligula, son bras droit et tueur redoutable. Il était déjà beaucoup question de la folie qui frappait les membres de BZRK en cas de perte d’un biobot ; là, elle gagne du terrain à l’échelle de la planète tout entière. Le récit se déroule dans une ambiance de fin du monde qui ne fait qu’empirer.

Je crois honnêtement que Michael Grant me veut du mal. Je veux dire, rien au monde ne m’aurait préparé à la déferlante émotionnelle de ce dernier opus. Mon pauvre, pauvre, pauvre petit cœur.

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Source : giphy.com

La plume de cet auteur apporte beaucoup au récit : une plume sèche, cynique, des phrases courtes et percutantes comme une volée de balles.

Une question que je me pose néanmoins est : la trilogie BZRK peut-elle vraiment être classé en jeunesse ? Certes, les héros sont des adolescents, mais reste que l’histoire est rude, violente, très sanglante et dit les choses directement sans prendre de gants. Et les contenus à destination du public adolescent étant réglementés, je suis assez surprise de retrouver les livres à la section jeunesse.

En bref, ce dernier tome conclut la série de façon époustouflante. L’auteur a réussi à maintenir le rythme de bout en bout et à rendre cohérent tout son univers pourtant complexe. La trilogie BZRK n’a pas la renommée qu’il mérite, et c’est bien dommage ; car à mon humble avis, c’est du grand art.

– Il y a des choses pires que la mort.
– Peut-être, dit Wilkes, mais aucune n’est aussi permanente.

La note

10/10. Le final est grandiose, à la hauteur des autres tomes de cette saga hors-norme.