Enclave t.1, Ann Aguirre

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Titre

Enclave tome 1

Auteur

Ann Aguirre

Genre

Science-fiction

Résumé

Trèfle a grandi sous terre, dans un refuge appelé une enclave. Cette société sous-terraine, menacée par la faim, la maladie et les monstres qui peuplent les tunnels, est régie par des règles strictes qui permettent d’assurer la survie de ses membres.

Alors que Trèfle devient majeure au regard des Aînés de l’enclave et devient une Chasseuse, son nouveau co-équipier, Del, lui ouvre peu à peu les yeux sur les secrets qu’on leur dissimule sur la vie à la surface.

Mon avis

Bien que le young adult m’exaspère parfois à cause des montagnes de clichés qu’il déplace avec lui, j’ai voulu donner sa chance à Enclave. En dépit de bonnes idées, je ne suis pas tout à fait convaincue.

Dans un monde post-apocalyptique, Trèfle vit sous terre dans une enclave où rares sont ceux qui dépassent les 25 ans. Conditions de vie rudes, lois implacables, menaces des Monstres, la jeune fille a appris à se plier aux règles. Mais son nouveau partenaire de chasse, Del, qui n’est pas né ici, ne voit pas les choses de la même manière. À l’encontre de ce que Trèfle a toujours cru, il soutient que la vie à la surface est possible.

L’univers ne réinvente rien : un monde post-apocalyptique, une survie rude, une Terre devenue hostile, une société très hiérarchisée composée de castes, une jeune héroïne combative. Pourtant ce petit monde est plutôt bien imaginé et cohérent. J’ai beaucoup aimé le rapport au passé qu’entretient Trèfle, qui peut paraître décalé et un peu cocasse ; la moindre « relique » de l’ancien monde devient source d’étonnement. Les notes de l’auteur à la fin du livre apportent un éclairage intéressant sur son projet d’écriture, et sur les sources qui lui ont servi pour imaginer l’apocalypse. Elle s’est renseignée pour rendre son récit le plus crédible possible. Certes, il n’y a pas de gros efforts d’écriture de fournis, mais sa plume est plutôt efficace.

Arrive alors la première ombre au tableau : les personnages. Trèfle d’abord, héroïne et narratrice : elle a l’étoffe d’une guerrière, mais il lui manque une vraie personnalité. Je n’ai pas réussi à accrocher avec elle. Del est quant à lui le stéréotype du brun ténébreux, copié/collé un nombre incalculable de fois, devenu chiant comme la pluie. Voilà pour notre duo ; mais aucun personnage secondaire n’est suffisamment creusé pour relever le niveau.

Deuxième point noir, celui que je redoute à chaque fois que j’ouvre un roman de YA : les histoires d’amuuur. Et là on atteint des sommets de médiocrité. La romance est pliée et expédiée au bout de 70 pages. Non mais franchement. ARRÊTEZ ! LES ! HISTOIRES ! D’AMOUR ! AUSSI ! NIAISES ! Du balais avec votre amour dégoulinant !

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J’ai trouvé qu’il y avait un fossé étonnant entre la première partie pas trop mal développée et la seconde partie du roman bâclée : les événements s’enchaînent trop rapidement, alors que de plus amples détails n’auraient pas été du luxe. Sans parler de Trèfle, que je ne supportais plus.

Enclave ne m’a finalement pas conquise, et la série s’arrête ici pour moi. Je commence à désespérer de découvrir de nouveaux romans young adult à mon goût.

Les Chasseurs s’approchèrent, leurs cadeaux dans les mains, et les empilèrent à mes pieds. Une montagne d’objets intrigants grandissait à vue d’œil. Je n’avais aucune idée de leur utilité… De quoi décorer peut-être ? Les gens de l’ancien monde semblaient obsédés par les objets dont le seul but était d’être jolis. Pas d’être utiles. Moi, je ne pouvais concevoir une chose pareille.

La note

5/10. Une dystopie au beau potentiel, gâchée par trop de clichés.


Crédits
Photo prise par mes soins
Gif : giphy.com

Au nom du Père du Fils et de John Lennon, L. Schaack & G. Hamel

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Titre

Au nom du Père du Fils et de John Lennon

Auteur

Laurence Schaack & Goulven Hamel

Genre

Jeunesse

Résumé

Angleterre, 1963. Cornelius Caine quitte l’austère pensionnat de Wellingborough pour aller vivre chez sa cousine à la capitale. Happé par la folie du Swinging London, le jeune bègue découvre un monde radicalement opposé de l’aristocratie où il a grandi. Mode, musique, amphétamine et soirées endiablées, Corn va même faire la connaissance de ceux qui règnent en maîtres sur les ondes en ce début de décennie : les Beatles.

Mon avis

En dehors des livres, une autre de mes passions, c’est les Beatles. Alors je pouvais difficilement passer à côté de ce livre. Mon avis est en demi-teinte, car si j’ai relevé de très bons éléments, il en a manqué beaucoup d’autres pour me convaincre.

Lorsqu’il apprend la mort de son père, Cornelius Caine, jeune aristocrate bègue, quitte le lugubre pensionnat qu’il déteste. Il part vivre à Londres, dans l’appartement étriquée d’Alice, sa cousine branchée et son amie Sally. Il y découvre la mode, la musique, et rencontre John Lennon en personne.

Au fil des pages, on croise des personnages fictifs et réels. Malheureusement, ces derniers ressemblent pour la plupart à des figures en carton-pâte. La courte apparition que font les Rolling Stones sonne creux. John Lennon fait figure d’exception : sa personnalité complexe est plus approfondie, par le biais de sa relation trouble avec Corn.

Pourtant, Au nom du Père du Fils et de John Lennon ne manque pas de charme. Le plus gros est son ambiance sixties, bien présente. Les personnages fictifs, eux, ont plus de relief : maladroit et naïf, Corn est très attachant. Les épreuves qu’il va rencontrer vont le faire  grandir et gagner en confiance en lui. Sans oublier Théo la grand-mère ouverte d’esprit, Greg le mod, Sally et Alice, les jeunes Londoniennes.

Bourré de références aux 60’s, et tout particulièrement à des groupes que j’aime comme les Beatles ou les Kinks, les auteurs ont réussi à me dépayser. complet : des mods à la Nouvelle Vague, on se croirait revenu 70 ans en arrière !

Source : Terry Fincher / BBC America

Les dernières pages contiennent un dossier sur les Beatles et sur la culture des années 1960 complet, qui apporte un éclaircissement sur les références faites dans le roman.

En finissant ce roman, je suis plus frustrée que réellement déçue. Si ce roman avait été plus creusé, moins jeunesse et deux fois plus gros, j’aurais été complètement conquise. C’est d’autant plus dommage qu’il est bien écrit et fait parfois preuve d’une vraie maturité. Si seulement !

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Source : giphy.com

Pour conclure, Au nom du Père du Fils et de John Lennon est une opportunité manquée. Ce n’est pas vraiment un livre que je recommanderais aux fans des Fab Four, qui n’y apprendront pas grand chose.

– Déjà, être bègue, c’est pas de la tarte. Mais un bègue qu’aime pas la bière… Tu fais comment pour survivre en Angleterre si tu peux pas faire ta grande gueule et te prendre des cuites ?

La note

5/10. Car il aurait fallu le tout en double pour me satisfaire.

BZRK t.3 : Apocalypse, Michael Grant

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Titre

BZRK t.3 : Apocalypse

Auteur

Michael Grant

Genre

Anticipation, science-fiction

Résumé

Noah et Sadie ont jusque là réussi à déjouer les attaques à l’échelle nano des jumeaux Armstrong et de leurs lignards. Mais un vent de folie souffle sur la planète. Les grands de ce monde – dirigeants, savants, acteurs – perdent la raison les uns après les autres. La peur gagne du terrain, tandis que l’humanité est menacée par des technologies invisibles à l’œil nu.

Pour les membres de la cellule new-yorkaise de BZRK, l’heure est au choix : la folie ou la mort ?

Mon avis

Arrive le moment où il faut affronter sa PAL, et en sortir le dernier tome de sa saga préférée. Même si on sait que c’est le tout dernier, et que la dernière page tournée du roman clôtura définitivement la série. Il a ainsi été tout aussi difficile pour moi d’ouvrir BZRK : Apocalypse que de le refermer. Et par quel tourbillon émotionnel je suis passée !

Pour reprendre rapidement, BZRK, ça raconte quoi ? C’est une histoire de nanotechnologies, où le corps humain devient un champ de bataille pour les forces en présence : d’une part Armstrong Fancy Gifts Corporation dirigé par les Jumeaux, dont le but est de manipuler les grands leaders mondiaux ; et d’autre part BZRK venu les contrer.

L’histoire démarre sur les chapeaux de roue. Je veux dire, dès la page 12 il se passe quelque chose d’aussi spectaculaire qu’inattendu. À peine arrivée et me voilà déjà happée dans un tumulte électrique et particulièrement violent. Le seul petit hic, c’est que j’ai trop retardé le moment d’en finir avec BZRK, et le tome 2 était  un peu trop lointain pour que j’ai précisément en tête les événements du tome précédent. La reprise a été un peu difficile.

Ce final contient beaucoup d’actions, de rebondissements spectaculaires et de révélations stupéfiantes. On va en apprendre de bonnes sur Lear, chef anonyme de BZRK et sur Caligula, son bras droit et tueur redoutable. Il était déjà beaucoup question de la folie qui frappait les membres de BZRK en cas de perte d’un biobot ; là, elle gagne du terrain à l’échelle de la planète tout entière. Le récit se déroule dans une ambiance de fin du monde qui ne fait qu’empirer.

Je crois honnêtement que Michael Grant me veut du mal. Je veux dire, rien au monde ne m’aurait préparé à la déferlante émotionnelle de ce dernier opus. Mon pauvre, pauvre, pauvre petit cœur.

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Source : giphy.com

La plume de cet auteur apporte beaucoup au récit : une plume sèche, cynique, des phrases courtes et percutantes comme une volée de balles.

Une question que je me pose néanmoins est : la trilogie BZRK peut-elle vraiment être classé en jeunesse ? Certes, les héros sont des adolescents, mais reste que l’histoire est rude, violente, très sanglante et dit les choses directement sans prendre de gants. Et les contenus à destination du public adolescent étant réglementés, je suis assez surprise de retrouver les livres à la section jeunesse.

En bref, ce dernier tome conclut la série de façon époustouflante. L’auteur a réussi à maintenir le rythme de bout en bout et à rendre cohérent tout son univers pourtant complexe. La trilogie BZRK n’a pas la renommée qu’il mérite, et c’est bien dommage ; car à mon humble avis, c’est du grand art.

– Il y a des choses pires que la mort.
– Peut-être, dit Wilkes, mais aucune n’est aussi permanente.

La note

10/10. Le final est grandiose, à la hauteur des autres tomes de cette saga hors-norme.